Vins des Côtes-du-Rhône : tout ce qu’il faut savoir

Dans les années 1970, la vallée du Rhône produisait un modeste vin de comptoir ; mais aujourd’hui on y produit des vins très appréciés. Aussi, elle ne produit pas des vins stéréotypés et sans âme, mais plutôt des vins originaux possédant une vraie personnalité.

La région des Côtes du Rhône qui possède par ailleurs de nombreux sites touristiques, est ainsi devenue réputée pour ses vins de qualité. Elle a une histoire, en dehors de celle de ses vins, qu’il convient de découvrir.

Cet article vous propose donc d’en apprendre davantage sur la région et les vins de Côte du Rhône.

Présentation de la région des Côtes du Rhône

Les Côtes du Rhône forment la vallée du Rhône qui fait partie des plus peuplées régions à vin. Très industrialisée, la vallée du Rhône s’étend du sud de Lyon au sud d’Avignon, au niveau de la Mer Méditerranée, sur environ 200 kilomètres. Elle compte 6 départements à savoir : Rhône, Loire, Ardèche, Drôme, Gard et Vaucluse. Elle est en forme d’étroite bande qui longe les deux côtés du fleuve Rhône et a un climat continental au nord (hiver froid, été chaud) et méditerranéen au sud (hiver doux, été chaud).

Il faut dire que le Rhône est un fleuve fougueux dont le bassin est constitué de montagnes très arrosées. Il est le plus puissant fleuve de l’Hexagone, il naît en Suisse et est long de 812 km. Par ailleurs, les Côtes du Rhône ont une population totale de 2 500 000 environ et elles comptent plusieurs villes principales. Ces dernières sont Lyon qui est la plus peuplée (1 300 000 habitants), Avignon, Montélimar, Orange et Vienne.

La région de Rhône possède plusieurs lieux touristiques dont les villes historiques d’Avignon qui abrite le palais du Pape et de Vienne. Neuf Papes se sont succédé dans le palais du Pape, au cours du XIVème siècle. Ce palais, doté de quatre tours gigantesques, est en réalité un monument gothique ; il a été construit à partir de 1335, en moins de vingt ans.

Il constitue le symbole du rayonnement de l’Église sur l’Occident chrétien et présente des décors somptueux abritant notamment plusieurs expositions, des visites à thèmes ainsi que des concerts. Étant l’un des monuments français les plus visités, il accueille 650 000 touristes, chaque année.

D’autres domaines emblématiques de la région sont : Château de Beaucastel, Château Rayas, Domaine du Vieux Télégraphe, Clos des Papes, Château La Nerthe, Domaine Marcel Richaud, Château La Gardine. Il y a également la route des vins et le pont du Gard qui est un aqueduc romain.

Côtes du Rhône : grand vignoble en France

Les Côtes du Rhône constituent l’un des vignobles français les plus anciens. Elles constituent aussi la seconde région viticole de France, après le Bordelais. Elles se subdivisent en deux grands secteurs très différenciés : la vallée du Rhône septentrionale (de Vienne à Livron-sur-Drôme) et la vallée du Rhône méridionale (de Montélimar et Bourg-Saint-Andéol à Avignon). Toutefois, il existe d’autres secteurs un peu en retrait du Rhône qui sont liés à la région et ceux-ci vont du Vivarais au Luberon, en passant par le Diois.

Dans la vaste vallée de Rhône, on retrouve des vins de tous les types : vins secs (à 80 % rouges, quelques rosés et peu de blancs), vins doux naturels et vins effervescents. En outre, il existe plusieurs types de plant de vigne cultivés, appelés cépages, dans la vallée. À cet effet, les principaux cépages, pour les vins rouges, sont : syrah, grenache, mourvèdre, cinsault, carignan. Ceux des vins blancs sont : viognier, roussanne, marsanne, grenache blanc, clairette blanche, bourboulenc.

Dans la vallée du Rhône méridionale, le cépage grenache est celui qui règne le plus. Ce dernier permet d’obtenir des vins rouges corsés, chaleureux et généreux. Il faut toutefois noter que les viticulteurs utilisent plusieurs autres cépages pour que les vins soient équilibrés, à cause des excès climatiques. Au nombre de ces cépages, il y a la syrah, le mourvèdre, le cinsault et le carignan.

Pour obtenir du vin blanc, on assemble des vins généreux, gras et expressifs issus de plusieurs cépages. Ces derniers sont notamment le grenache blanc, la clairette, le bourboulenc, la roussanne, la marsanne, le maccabeo, le vermentino (ou rolle) et le piquepoul. Pour ce qui est des rosés, ils sont obtenus à partir des mêmes cépages que les vins rouges. Ils sont particulièrement savoureux, dotés de rondeur et de fraîcheur. D’ailleurs, la plus ancienne Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) de France dédiée exclusivement aux vins rosés est détenue par la vallée de Rhône (avec la région de Tavel).

Les vins rouges de la vallée du Rhône méridionale sont généralement tendus donc il est recommandé de les aérer pour mieux les déguster. Les grandes appellations rouges telles que Châteauneuf-du-Pape, Gigondas et Vacqueyras sont à conserver 4 à 5 ans avant d’être dégustées. Il faut noter que le potentiel de garde d’un Châteauneuf-du-Pape est de 50 ans tandis que celui des grandes appellations de blancs est de 10 ans. Enfin, tous les vins de la vallée du Rhône méridionale méritent d’être servis en carafe.

Dans la vallée du Rhône septentrionale, le cépage qui s’impose dans les vins rouges est la syrah qui permet d’obtenir des vins fins, profonds, épicés et de garde charpentés. Les cépages roussanne, marsanne et viognier, eux, permettent d’avoir des vins blancs aromatiques et bien équilibrés entre gras et vivacité. Les vins blancs, secs et effervescents sont obtenus grâce aux cépages clairette et muscat à petits grains, sur lesquels agit la région du Diois, avec sa fraîcheur montagnarde. On note que les AOC rasteau et muscat-beaume-de-venise sont celles des vins doux naturels.

Les vins rhodaniens sont hiérarchisés et à la base de cette hiérarchie se trouve l’appellation régionale côtes-du-rhône (avec des vins issus de 171 communes, majoritairement situées au Sud). Ensuite, il y a les appellations des côtes-du-rhône-villages et au sommet, il y a les AOC communales comme côte-rôtie, condrieu, châteauneuf-du-pape et lirac. Certaines AOC indépendantes sont liées à la vallée du Rhône comme ventoux, luberon, grignan-lès-adhémar. Ainsi, la vallée propose une large gamme de vins.

Présentation de l’AOC Côtes-du-Rhône

À partir de 1937, l’AOC Côtes-du-Rhône définit les vins produits dans l’ensemble de la Vallée du Rhône. Elle regroupe les vins rouges, les rosés ainsi que quelques blancs secs, tous produits sur 42 000 hectares de vignes. Ces vignes sont réparties sur 6 départements, avec 171 communes, que sont Ardèche, Drôme, Gard, Loire, Rhône et Vaucluse. L’AOC régionale Côtes-du-Rhône est agrémentée depuis de nombreuses autres AOC locales et communales avec des terroirs précis bien distincts et chacune ayant ses spécificités de production. Les vins produits sont non seulement variés mais aussi disponibles à des prix habituellement abordables.

Il faut noter que la majeure partie de la production de vins des Côtes du Rhône provient du vignoble méridional et on l’estime à plus de 2 200 000 hectolitres par an au total. En outre, le climat de ce vignoble permet d’avoir des journées chaudes et très ensoleillées, et il est équilibré par les pluies saisonnières et l’influence du mistral. Il faut dire que l’encépagement des vignes dédiées à l’appellation côtes-du-Rhône est dominé par le grenache pour les rouges et rosés. Le cépage la syrah est également très présent dans la partie méridionale.

Les vins proposés vont des rouges légers, fruités, à l’attaque nerveuse, aux vins de bonne garde, plus tanniques et structurés. Ceux-ci sont issus des vignobles les plus chauds et ensoleillés. Les vins rosés sont très influencés par le cépage cinsault ainsi ils sont fruités et il est préférable de les consommer jeunes. Les vins blancs, eux, sont frais et aromatiques grâce aux assemblages de Grenache blanc, Roussanne, Marsanne, Bourboulenc, Clairette et Viognier. Il faut noter que l’aire de production de l’appellation côtes-du-rhône occupe une grande partie du vignoble que constitue la vallée.

Les crus de prestige de Côtes-du-Rhône

Les crus de la région méridionale sont des vins de gourmandise avec des rouges qui sont fruités et colorés, des rosés chatoyants ainsi que des blancs gras et aromatiques.On note qu’il y a 9 crus de prestige à savoir Chateauneuf-Du-Pape, Gigondas, Vacqueyras, Lirac, Tavel, Vinsobres, Rasteau, Cairanne Et Beaumes-De-Venise.

À chacun de ces crus correspond des méthodes d’élaboration, de macération, d’assemblage et d’élevage qui lui sont propres. Aussi, les vins produits sont obtenus par de nombreux cépages.

Le cru Chateauneuf-Du-Pape

Le terroir de Châteauneuf-du-Pape a été révélé par les Papes en Avignon, au XIVème siècle puisque sous le règne de Jean XXII, le village est devenu résidence d’été du Pape. En 1314, les Papes Clément VI puis Jean XXII offrent leurs lettres de noblesse au vignoble, permettant ainsi à Châteauneuf-du-Pape d’acquérir une notoriété allant au-delà des frontières du Comtat Venaissin. Ce terroir qui s’étend sur 3150 hectares, est considéré comme le plus exceptionnel de la Vallée du Rhône méridionale.

Il se constitue de sols très variés avec des éléments comme les argiles, les sables, les galets ronds et les rougeâtres roulés par les eaux tumultueuses du Rhône. Il faut noter que ces galets ont un attribut très particulier : ils emmagasinent de la chaleur le jour qu’ils rendent la nuit, aux pieds de chaque cep d’un cépage donné. À cet effet, il y a treize cépages qui composent le Châteauneuf-du-Pape, et chacun apporte sa couleur, son parfum, sa charpente et son caractère au cru.

Les plus répandus de ces cépages sont : le grenache, le mourvèdre, la syrah, le cinsault, le muscardin, la clairette, le bourboulenc, la counoise. En plus de produire du vin rouge, le cru Châteauneuf-du-Pape produit de grands vins blancs ayant une texture onctueuse et une grande fraîcheur. Ces vins révèlent d’abord des arômes d’agrumes, de fleurs et de fruits blancs, puis au fil du temps, leur conservation révèle des arômes de noix et de fruits secs.

Le cru Gigondas

Le cru Gigondas est situé aux pieds des Dentelles de Montmirail, dans le département du Vaucluse et il couvre 1230 hectares de sols très différents. Avec son appellation devenue Cru en 1971, c’est un domaine ensoleillé qui convient parfaitement à l’épanouissement du grenache noir. Les vins produits sont d’un beau rubis foncé avec des arômes épicés. En réalité, Gigondas est un vin corsé qui est tout à fait prompt au vieillissement. Le cru produit aussi des vins rosés agréables dont les notes sont celles de fruits rouges, d’amandes et d’épices.

Le cru Vacqueyras

Le cru Vacqueyras, appellation devenue Cru en 1998, couvre 1400 hectares et se situe entre les collines et les garrigues. Il produit des vins fins, avec son exposition et ses cépages qui sont semblables à ceux de Gigondas. Ses productions se déclinent en trois couleurs : des vins rouges, des rosés et des blancs. Les vins rouges dévoilent des parfums de cerise noire, de mûre, de fruits confits, d’épices et de cuir. Ils donnent en bouche de fins tanins et constituent d’excellents vins de garde. Par contre, les vins rosés ont un bouquet fruité et gourmand, révélant des arômes de fleurs et de fraise. Quant aux vins blancs, ils ont des notes d’acacia et de genêt.

Le cru Lirac

L’appellation Lirac est devenue Cru en 1947 même si elle existait depuis deux mille ans. Le vignoble est en fait une ancienne enclave du diocèse d’Avignon, les vignes appartenaient alors aux évêques. Il est situé à 15 kilomètres au nord-ouest d’Avignon, dans le département du Gard, sur la rive droite du Rhône. Il s’étend sur des collines qui sont bien drainées jusqu’aux rives du fleuve. Vin de garde, Lirac propose des vins en trois couleurs, avec un empreint d’élégance et de fraîcheur.

Il y a donc des vins rouges dont les arômes sont ceux de fruits mûrs, de garrigues et d’épices. Ils forment de beaux tanins en bouche et ont une belle rondeur. Il y a aussi les rosés qui sont onctueux, avec des parfums de framboise et de fruits rouges. Ils sont amples en bouche avec une touche finale de fraîcheur. On note également les vins blancs dont les notes sont florales et fruitées.

Le cru Tavel

Tavel est un petit vignoble de 950 hectares qui se situe en face de Châteauneuf-du-Pape. Il produit uniquement des vins rosés qui sont charnus, denses et aromatiques. La couleur de ces vins varie entre le rose saumonné et le rose rubis soutenu. De plus, en bouche, ils sont amples avec une grande puissance aromatique.

Le cru Vinsobres

Vinsobres est une petite commune de la Drôme provençale qui est située sur la rive gauche du Rhône. Appellation devenue Cru en 2006, Vinsobres produit d’excellents vins rouges dont les arômes sont de cerise et cassis. Ces vins sont longs en bouche, tout en étant tanins soyeux.

Le cru Rasteau

Rasteau est un village du Vaucluse se situant sur une colline escarpée, abritée du mistral et orientée plein sud. C’est un 2010 que l’appellation a pu se hisser au rang de Cru. Aussi, Rasteau produit des vins rouges dont la couleur est intense. Ces vins sont structurés, fins, complexes et parfaitement aptes au vieillissement.

Le cru Cairanne

Appellation devenue Cru en 2016, Cairanne est un village près d’Orange qui séduit par la qualité de ses vins rouges et blancs. En effet, ses vins sont équilibrés, avec des rouges aux tanins suaves en fin de bouche et des blancs ayant une finale élégante.

Le cru Beaumes De Venise

Appellation devenue Cru en 2005, Beaumes De Venise produit de très bons vins rouges aux arômes de fruits rouges et noirs, de réglisse, de sous-bois ainsi que d’épices. En outre, le village est composé de vignes ainsi que de champs d’oliviers et il possède trois types de sols.

Histoire du vignoble

Au XIIIe siècle, on ne parlait pas de la vallée du Rhône mais plutôt de la viguerie d’Uzès. À cette période, celle-ci fut divisée en deux et on parlait de la viguerie haute ou Cévennes et de la viguerie basse portant le nom de Côte du Rhône. Les vins de cette dernière viguerie étaient réputés. Alors, en 1650, il eut une réglementation visant à protéger leur authenticité de provenance et garantir leur qualité. Ensuite, en 1729, un premier édit royal eut pour but de donner une identité vinicole à cette petite région.

Toutefois, il fut si insuffisant qu’il fallut le modifier en 1737 en indiquant qu’on caractériserait chacun des tonneaux de vin destinés pour la vente et le transport du cru de la région. Il a donc été décidé que ces tonneaux auront pour caractéristique, une marque de feu qui contiendra les trois lettres C D R qui veulent dire Côte du Rhône. On précisera aussi le millésime de l’année. Une fois mis en œuvre, tout ceci eut du succès et en 1783, un membre de l’Académie de Marseille qualifia les vins produits. De même en 1869, un journal local prit le titre ‘’La Côte du Rhône’’ et en 1890, Frédéric Mistral qualifia lui aussi les vins.

Au XXe siècle, la Côte du Rhône devient les Côtes du Rhône puisqu’elle s’est étendue aux vignobles situés sur la rive gauche du Rhône. En 1929, cette extension fut particulièrement marquée par la création du Syndicat général des vignerons des Côtes du Rhône, par Pierre Le Roy de Boiseaumarié. Finalement, en 1936, la notoriété acquise au fil des siècles par la vallée, fut validée par les Tribunaux de Grande Instance de Tournon et d’Uzès. On créa alors l’appellation Côtes-du-Rhône, par le décret du 19 novembre 1937.

Aujourd’hui, la surface de production totale de la vallée est estimée à 73 000 hectares et par an on compte en moyenne de 3,5 millions hectolitres de vins produits soit 465 millions de bouteilles. On compte également 7 000 exploitations pour la vallée, avec une superficie moyenne de 10 hectares. Aussi, 2 000 de ces exploitations sont des caves particulières tandis que les autres sont regroupées en coopératives.

Ainsi, quelques aires de production du département :

  • de l’Ardèche sont : Andance, Ardoix, Champagne, Charnas, Sécheras, Serrières, Saint-Péray, Talencieux, Toulaud, Tournon-sur-Rhône et Vion.
  • de la Drôme sont : Beaumont-Monteux, Bouchet, Larnage, La Roche-de-Glun, Saint-Maurice-sur-Eygues, Tulette, Venterol et Vinsobres.
  • du Gard : Aiguèze, Aramon, Bagnols-sur-Cèze, Carsan, Tavel, Théziers, Tresques, Valliguières, Vénéjan et Villeneuve-lès-Avignon.
  • de la Loire sont : Chavanay, Malleval, Saint-Michel-sur-Rhône, Saint-Pierre-de-Bœuf et Vérin.
  • du Rhône sont : Ampuis, Condrieu, Saint-Cyr-sur-le-Rhône et Tupin-et-Semons.
  • de Vaucluse sont : Avignon, Beaumes-de-Venise, Bédarrides, Rasteau, Richerenches, Sarrians, Séguret, Violès et Visan.

Il faut noter que dans les différents décrets d’appellation, une division est réalisée entre les cépages principaux, les variétés supplémentaires et les variétés autorisées. Les cépages principaux sont donc indiqués par ‘’M’’, les variétés supplémentaires sont marquées par ‘’S’’ et celles autorisées sont marquées par ‘’A’’.

Les caveaux de dégustation

La charte de qualité mise en place par Inter Rhône et à laquelle adhèrent caves et domaines, propose trois catégories différentes d’accueil, selon les prestations offertes par les professionnels. Alors, la première catégorie est appelée accueil de qualité et définit un certain nombre de conditions. Tout d’abord, un panneau à l’entrée de la cave ou du domaine doit signaler que celui-ci est adhérent à la charte. L’autre exigence est que les abords du lieu doivent être en parfait état et bien entretenus, avec à disposition, un parking proche. En effet, les locaux et l’ensemble du matériel utilisé (sols, table de dégustation, crachoirs, verres) doivent être d’une propreté irréprochable.

Aussi, l’intérieur du caveau doit disposer d’un sanitaire et d’un point d’eau. Il faut en plus disposer de sièges où les visiteurs pourront s’asseoir. De plus, la dégustation du vin doit se faire dans des verres de qualité (minimum INAO) (INAO est le sigle de l’Institut national de l’origine et de la qualité, anciennement appelé Institut National des Appellations d’Origine
Ainsi, le verre INAO est le verre à vin de référence
) et à la suite de cela, l’achat du vin n’est aucunement obligatoire. Il faut également veiller à servir les vins à la température idéale et s’il y a des enfants, on doit leur proposer plutôt des jus de fruits ou des jus de raisin. Enfin, le caveau doit faire afficher ses horaires, ses permanences, des fiches techniques sur les vins, les prix et les offres des brochures touristiques sur l’appellation.

Enfin, la troisième catégorie, appelée accueil d’excellence, est celle qui propose d’autres services notamment la mise en relation avec d’autres caveaux. Elle propose aussi des services comme la réservation de restaurants ainsi que d’hébergements. Ici, le caveau doit assurer une expédition en France avec un minimum de 24 bouteilles. Il doit aussi disposer d’un site Internet en version anglaise et un personnel d’accueil qui parle au moins l’anglais.

La seconde catégorie est celle de l’accueil de service qui précise que le caveau doit rester ouvert cinq jours sur sept toute l’année et six jours sur sept de juin à septembre. Cet accueil implique que la dégustation soit faite dans des verres cristallins voire des verres en cristal. Le caveau doit aussi être aménagé de sorte à être accessible aux personnes à mobilité réduite. Il doit être chauffé l’hiver et frais l’été, avec à disposition un éclairage satisfaisant, ce qui rend les néons interdits.

La décoration du lieu est censée être en relation avec la vigne ainsi que le vin et il faut faire afficher une carte de l’appellation. Le caveau doit aussi disposer d’un site Internet et fournir à sa clientèle des informations sur la gastronomie. Il doit aussi fournir des informations sur les produits agroalimentaires locaux, les lieux touristiques et les autres caveaux adhérant à la charte. Il doit mettre à disposition, en version anglaise, des fiches techniques sur les vins proposés.

Stratégie adoptée par la région pour se faire connaître

L’union des deux régions de la vallée du Rhône s’est faite sous l’égide d’Inter-Rhône, et à travers elle il y a eu le lancement de campagnes originales de communication autour du vin. D’ailleurs, la campagne de 2009-2010 a permis d’obtenir beaucoup de ventes dont 74 %  sur le marché français et 26 % sur le marché étranger. Aussi, les vins sont mis sur le marché à 64 % par les caves coopératives, à 33 % par les caves indépendantes et à 3 % par les négociants-vinificateurs.

Beaucoup des vins produits sont exportés et on parle de 100 millions de bouteilles envoyés à l’étranger, chaque année. Néanmoins, la vallée pense aux consommateurs locaux si bien que sur le marché intérieur, il y a la plus grande distribution estimée à 29 %. Ensuite, il y a les cavistes et les petits magasins (13 %) ainsi que les hôtels-restaurants (11 %). Enfin, on estime à 10 % des parts de ce marché, les ventes qui se font directement sur le lieu de production et le hard-discount.

Pour ce qui est de l’exportation, estimée à plus du quart du marché, elle concerne différents pays que sont principalement : le Royaume-Uni (20 %), les États-Unis (17 %) et la Belgique (11 %). Il y a aussi le Canada (10 %), l’Allemagne (8 %), les Pays Scandinaves (7 %), la Suisse (6 %), les Pays-Bas (4 %), le Japon (3 %) et la Chine (2 %). Les autres destinations représentent 12 % du marché. Ainsi, la commercialisation des vins des côtes-du-rhône a su se maintenir à un excellent niveau.

Accord des vins et de la gastronomie

Les vins côtes-du-rhône s’accordent avec une cuisine riche en fruits et légumes. Si cette cuisine est relevée par de l’ail ou du poivron, le vin n’en devient que plus savoureux. Il en est de même avec la tomate, les herbes de Provence et l’huile d’olive. Aussi, les vins blancs s’accordent traditionnellement avec du poisson, des fruits de mer, du fromage de chèvre et les desserts. Leurs nuances florales accompagnent aussi parfaitement les volailles à la crème, la gibelotte de lapin et toute la gamme de fromages, y compris les bleus.

Les vins rouges quant à eux se marient parfaitement avec agneau, mouton, veau, bœuf, porc, volaille, lapin, gibier et charcuterie. Ils conviennent aussi avec du fromage de brebis, de la daube provençale, tous les légumes farcis et les préparations à la truffe. Leur élégance et leur finesse les rendent aussi complices des salades gourmandes, du magret de canard ou encore du navarin d’agneau.