Vins de Bordeaux : Tout ce qu’il faut savoir

Le vin, ce doux breuvage qui se bonifie avec le temps selon les dires.

Qu’il soit blanc ou rouge, pris en apéritif ou en accompagnement, le vin a toujours une place privilégiée à table.

Toutefois, le bon vin se distingue d’une toute autre manière.

Les vins de Bordeaux sont très prisés et les organisateurs de salon de dégustation de vins ne diront pas le contraire. Mais avant de siroter un bon verre de vin de Bordeaux, vous devriez savoir d’où lui vient toute cette finesse.

À la découverte du vignoble bordelais

Pour tout savoir des vins de Bordeaux, il est plus qu’idéal de remonter à leur origine.

C’est aussi le moment de mettre en lumière les vignobles de la région ainsi que leur habitat naturel.

Le vignoble bordelais bénéficie d’une variété de climats, de sols et aussi de paysages.

Le vignoble bordelais au fil des années

La vigne a fait son apparition au premier siècle en Gironde, mais il faudra attendre onze siècles plus tard pour que le vin bordelais connaisse un petit succès. C’est le marché britannique qui fut le premier à être conquis, puis les Hollandais et les Anglais. À partir du XVIIe siècle, le vieillissement du vin ainsi que la mise en bouteille ont été mis au point.

C’est au XVIIIème  siècle que la relation baptisée « terroir-château grand » vin a vu le jour. Elle s’est accompagnée de l’avènement de méthodes de production plus performantes. Courant l’année 1855, les vins de Bordeaux ont connu un essor sans pareil couronné par le classement des crus du Médoc et du Sauternais. Peu après cette période, le vignoble bordelais a été confronté à de nombreuses crises comme l’invasion de phylloxéra et de mildiou ainsi que par les répercussions des guerres mondiales.

Ce n’est qu’à partir de 1960 que les vins de Bordeaux ont redoré leur blason notamment en améliorant la qualité et en proposant des millésimes exceptionnels. Peu avant les années 2000, le vignoble bordelais a commencé à rencontrer d’énormes concurrences surtout au plan mondial. Mais ce vignoble figure parmi les principaux du monde et ne cesse d’attirer des investisseurs aussi bien français qu’étrangers.

La situation des vignobles Bordelais

Les vignobles Bordelais se situent principalement au sein du département de la Gironde en France. Elles se retrouvent autour de trois fleuves : Garonne, Dordogne et Gironde, qui constituent un estuaire commun aux deux autres. Les vignobles sont situés en altitude entre 15 et 120 mètres près des rives de ces fleuves. Ils sont constitués de six grandes régions viticoles : la région du Médoc, du Blayais-Bourgeais, des Graves et Pessac-Léognan, de Céron, Barsac et Sauternes, l’Entre-Deux-Mers et la région du Libournais.

 

Ainsi, vous verrez une partie des vignobles sur la rive droite de la Gironde dans le nord de la ville de Blaye. Pour ce qui est de la rive gauche, les vignobles partent de la ville de Saint-Vivien-de-Médoc à quelques kilomètres de la Pointe de Grave en allant au Sud. Au niveau de la confluence Dordogne-Garonne surnommée Bec d’Ambès, les vignobles couvrent les rives de ces fleuves jusqu’aux villes de Langon et Sainte-Foy-La-Grande.

Les sols et climats

Les vignobles bordelais présentent une importante variété de sols en raison de son sous-sol très riche et de leur proximité avec les fleuves. De ce fait, juste en bordure de chacun des fleuves, vous avez des sols de palus très concentrés en argile.

Un peu plus loin, vous pouvez rencontrer principalement des sols de type argilo-sableux, siliceux sablonneux ou encore graveleux. Il y a également les sols calcaires et argilo-calcaire d’aspect bruns ou marneux. Pour finir, il y a aussi les sols en argile à graviers généralement recouverts de limon en fines couches. Mais, quel que soit le type du sol sur lequel pousse la vigne, son vin est toujours de qualité.

Pour ce qui est du climat au niveau de ces vignobles, il est tempéré, à la fois humide, doux et typiquement océanique. Ce climat doit son existence à la proximité du vignoble avec l’océan Atlantique. Mais la forêt des Landes protège les vignobles de Bordeaux de la dureté du climat océanique au même titre que les fleuves et ruisseaux qui les protègent de la gelée. Les hivers ne sont pas rudes, mais l’été est assez orageux et chaud.

Les paysages viticoles

 

Le vignoble se caractérise par deux paysages séparés par l’estuaire de la Gironde. Ainsi, à l’est de l’estuaire, les vignobles se retrouvent sur de nombreuses collines et plateaux. Les collines présentent assez de pentes par endroit tandis que les plateaux sont parcourus de ruisseaux et rivières en grand nombre. Du côté ouest, il s’agit plutôt d’un grand plateau avec de nombreuses croupes recouvertes de graves issus du quartenaire. Il y a également des endroits où le vignoble surplombe fièrement la Dordogne.

Les défis et atouts des vins de Bordeaux

Au-delà du fait d’être issu de grands crus, les vins de Bordeaux demeurent de grands chefs-d’œuvre.

De ce fait, ils possèdent de nombreux atouts hors du commun, mais doivent également relever des défis tout aussi imposants.

Les défis

Le premier défi à relever pour les vins de Bordeaux concerne leurs prix qui sont revus à une très grande hausse auprès de nombreux crus spéculatifs. De façon générale, les crus de gamme sont vendus à partir de 20 euros et peuvent aller jusqu’à 40 euros, ce qui est dans une fourchette plus que normale. De plus, il y a des vins de Bordeaux remarquables (Bordeaux et Bordeaux supérieur) à moins de 10 euros.

Le deuxième défi qui incombe aux vins de Bordeaux concerne le vignoble bordelais lui-même. En effet, ce dernier a été accusé à plusieurs reprises de polluer l’environnement notamment par l’emploi abusif de pesticides. Les autorités de la viticulture bordelaise ont à cet effet entrepris l’abandon des pesticides sous peu. Comme preuve de leur bonne foi, de nombreux hectares de vignes bordelaises se sont conditionnés à l’agriculture biologique au même titre que plusieurs crus classés.

Les atouts

L’atout majeur des vins de Bordeaux repose sur leur notoriété d’envergure mondiale. En effet, la région bordelaise peut se vanter de disposer d’un nombre très élevé de crus classés. Ce qui lui vaut d’ailleurs la première place au monde en termes de marques fortes. À titre d’exemple, les grands millésimes ne cessent de demander des crus de Graves, de Saint-Émilion, le vin de Pomerol sans oublier le cru du Médoc qui sont tous des crus classés.

Ajouté à cette grande notoriété, le vignoble bordelais dispose d’un système unique de vente appelé vente en primeur. Ici, les vins sont cédés à des négociants et non à des circuits de distribution ou à des particuliers. Concrètement, les négociants payent les vins durant le printemps qui suit la vendange, avant qu’ils ne soient mis en bouteille. Ce sont eux qui se chargent ensuite de vendre le vin partout dans le monde en spéculant à volonté, surtout qu’ils ont acquis le vin à un prix plutôt sympathique.

Les principaux cépages de Bordeaux

Au nombre de six, dont trois rouges et trois blancs, les principaux cépages de Bordeaux sont réputés pour offrir un goût unique aux vins de Bordeaux.

De plus, en prenant en compte la composition des sols, les arômes de chaque cépage se sont vus décuplés. Les vins de Bordeaux bénéficient aussi de cépages auxiliaires qui subliment davantage leurs goûts.

Le plus époustouflant, c’est l’association ingénieuse de plusieurs cépages pour aboutir à un arôme sans pareil.  

Les cépages rouges

  • Le merlot

Parmi les cépages rouges, le merlot est le plus répandu surtout dans le Libournais. Il est rond et souple et confère aux vins des arômes issus de fruits charnus rouges comme la figue ou la prune par exemple. En plus de ces arômes, il est possible de remarquer avec le temps un agréable goût de grillé. Il est par ailleurs le fruit du croisement entre la madeleine noire et le cabernet franc. Il était aussi connu sous le nom de Picard, merlau, crabutet noir, béguey, alicante, sémillon rouge ou encore plant médoc.

  • Le cabernet-sauvignon

Pour obtenir ce cépage, il a fallu croiser le sauvignon blanc avec du cabernet franc. Le cabernet-sauvignon est reconnu comme étant un vieux cépage traditionnel à Bordeaux et il est dominant dans le Médoc. Il bénéficie d’une maturité tardive et apporte des arômes de fruits noirs comme la menthe, le cassis ou encore la réglisse. On le rencontre principalement sur les sols de type graveleux. Il offre aux vins des tanins vigoureux ainsi qu’une excellente structure.

  • Le cabernet franc

Il vient en tête des cépages complémentaires. Originaire d’Espagne où il s’appelle Achéria, il a conquis petit à petit le sud-Ouest de la France. Ce cépage bénéficie d’une maturité précoce et est légèrement coloré. Il apporte aux vins une touche aromatique entre la violette et la framboise. Il confère également de la fraîcheur aux vins tout en l’enrichissant de polyphénol. Il est destiné aux vins fins à qui il octroie un vieillissement assez appréciable. En Val de Loire on l’appelle breton, à Saint-Émilion il se nomme bouchet et dans les Pyrénées il se fait appeler bouchy.

  • Le petit verdot

On retrouve ce cépage en grande partie dans le Médoc, mais aussi dans les Graves. Il est productif, fertile et bénéficie d’une maturité tardive. Ce cépage confère aux vins des arômes proches de la violette ainsi qu’une intense couleur le tout ajouté à une grande teneur en tannin. Il provient des Pyrénées où il a reçu le nom de lambrusquet.

  • Le malbec

Ce cépage vient du Quercy et est très répandu dans le Blayais et le Bourgeais. Il est peu utilisé, mais produit des vins bien colorés, très fruités et surtout très concentrés en tannins. En gros, il confère aux vins de la couleur et du moelleux. On l’appelle aussi pressac ou pied de perdrix, côt ou encore auxerrois du côté de la région de Cahors.

  • Le carménère

C’est un cépage idéal pour produire des vins riches, colorés et riches en tannins. On peut aussi y retrouver une petite pointe d’amertume, mais surtout des arômes typiquement épicés et aussi fruités. Il est issu d’un métissage entre deux carbenet : le gros et le franc. Bien qu’il soit peu utilisé dans le vignoble bordelais, il est plutôt célèbre en Italie ou il porte le nom de bordo notamment en Emilie-Romagne. On l’appelle également carbouet, carmenelle ou encore cabernelle.

Les cépages blanc

  • Le sémillon

Pour tout ce qui est vin blanc moelleux et liquoreux, c’est le cépage par excellence. Il est gras et rond et donne au vin des arômes miel et abricot. Il est aussi connu sous le nom de Mansois, Sauternes, Chevrier et aussi Seminion en langage bulgare. Il est beaucoup plus utilisé pour les liquoreux de Sauternes de même que pour les vins secs issus des Graves.

  • Le sauvignon

Il existe deux variétés de sauvignon : le sauvignon blanc et le sauvignon gris.

Encore appelé le sauvignon gros ou petit, le sauvignon blanc est essentiellement destiné aux blancs secs et aux blancs de l’Entre-Deux-Mers. Il confère aux vins de la fraîcheur aromatique, l’acidité adéquate ainsi que la minéralité qu’il faut.

Le sauvignon gris quant à lui n’est rien d’autre qu’une mutation du sauvignon blanc. Il présente une couleur plus rosée lorsqu’il atteint la maturité. Il est essentiel aux vins corsés et puissants auxquels il confère un arôme de muscat et légèrement fleuri. On l’appelle encore Ahumat du côté de Béarn, Blanc fumé ou Sauternes dans la Nièvre et Fié en Poitou.

  • La muscadelle

Ce cépage intervient comme un complémentaire lors de l’élaboration des blancs moelleux ou secs. Il confère aux vins des arômes fleuris et un goût peu acide. Il est utilisé en petites quantités pour apporter de la puissance et des rondeurs aux vins. En Dordogne, on l’appelle muscat fou ou encore cadillac. Il répond aussi à d’autres appellations comme bouillenc, marmésie, musquette, issal de tarayre ou encore raisinote.

  • Le colombard

Originaire de la Charente, ce cépage fait partie des plus vieux et est très peu utilisé. Il est de nature précoce et fertile tout en conférant aux vins des arômes fleuris et des notes d’agrumes. Ce cépage est le résultat d’un croisement naturel entre le chenin blanc et le gouais blanc. Il est incontournable pour les vins corsés, fins et nerveux. En Vendée, il est connu sous le nom de bon blanc. Du côté de Lot-et-Garonne on l’appelle colombier ou encore blanquette.

  • L’ugni blanc

Provenant de la Toscane, il est un des ascendants du Vermentino. Ce cépage productif et vigoureux rend les vins neutres, mais aussi bien équilibrés. Il est également peu utilisé, mais est très répandu à Armagnac et Cognac. Dans ces régions on l’appelait Saint-Émilion. Aujourd’hui, il est aussi connu sous le nom de Malvoisie, Queue de Renard, Rossola ou Roussa ou encore Clairette.

Les différents types de vins de Bordeaux

Le vignoble bordelais dispose d’une grande variété de vins de Bordeaux. Ils sont répertoriés en cinq catégories avec des caractéristiques qui leur sont propres. Plusieurs associations de cépages sont possibles, mais avec des goûts bien distincts.

Ainsi vous avez :

Vin Rosé Bordeaux

Les vins rouges

Dans ce type de vin, le cépage majoritaire est le merlot. Ce qui fait que les vins rouges sont généralement peu acide, souples et fruités. Ce cépage peut aussi se retrouver en association avec le cabernet-sauvignon et une petite partie de cabernet franc. Dans ce cas, les vins sont plus aromatiques et plus riches en tanins avec une meilleure conservation et développement de leur bouquet. Le merlot peut aussi s’accompagner des cépages malbec et petit verdot. À ce niveau, le vin sera donc plus rafraîchi et légèrement plus acide.

Les vins blancs secs

Le cépage principal de ce type de vin est le sauvignon. Les vins blancs secs sont fruités avec une petite touche d’arôme fleuri et d’agrumes. Ils sont très aromatiques et surtout très frais. Pour ajouter un peu de gras et du volume, le sauvignon est associé au cépage sémillon. La muscadelle peut aussi se joindre au sauvignon pour apporter un arôme encore plus fleuri.

Les vins moelleux et liquoreux

Le cépage par excellence pour ce type de vin est le sémillon. Ces vins ont une couleur or avec des arômes de fruits confits. Ils sont ronds et amples et peuvent bénéficier d’une note de fraîcheur lorsque le sémillon est associé au sauvignon.

Les vins clairets et rosés

Ces types de vins sont issus de la saignée de cuves des cépages rouges notamment avant la fermentation. On peut aussi obtenir les clairets à partir d’une légère macération durant quelques heures. Les clairets sont alors plus riches et colorés en ayant un doux parfum.

Les vins effervescents

Il s’agit des Crémants de Bordeaux dont la composition dépend du lieu de production.

La hiérarchie des appellations des vins bordelais

Les vins de Bordeaux ne sont pas tous issus de la même catégorie. Déjà à partir de la composition, la différence est très notable. Le nom donné aux vins bordelais est aussi en rapport avec leurs lieux de productions.

Les appellations régionales

Encore désignées par le nom de génériques, les appellations régionales ne sont pas très connues comme les communales. Elles constituent la base des appellations et prennent en compte un large panel de vins tous produits en Gironde.

  • Bordeaux: à l’instar du Bordeaux supérieur et du Bordeaux blanc, cette appellation couvre tous les vins qui sont commercialisés un an après la récolte.
  • Bordeaux Supérieur: pour les vins rouges et blancs
  • Crémant de Bordeaux: pour les vins blancs et rosés. Ces vins sont réalisés en suivant le procédé de fabrication des champagnes.
  • Bordeaux blanc: pour les blancs secs
  • Bordeaux clairet: pour une variété de vin rosé, mais plus coloré et vineux.

Les appellations sous-régionales

  • Entre Garonne et Dordogne

Cette zone est réputée pour ses vins blancs, vifs et fruités, mais aussi pour ses vins rouges de qualité. De ce fait, vous avez l’appellation Entre-deux-mers pour les blancs secs et l’appellation Bordeaux Haut-Benauge pour les moelleux, les blancs secs et aussi le vin rouge. Ainsi, vous avez des spécificités pour les vins blancs comme Côtes-de-Bordeaux-Saint-Macaire, Entre-Deux-Mers Haut-Benauge, Premières-Côtes-De-Bordeaux, Sainte-Foy–Bordeaux et Graves-De-Vayres. Les deux dernières appellations sont aussi utilisées pour les vins rouges. Vous avez enfin Cadillac-côtes-De-Bordeaux et Côtes-De-Bordeaux utilisés exclusivement pour les vins rouges.

  • La région des Graves

Cette région est connue comme étant le vignoble historique de Bordeaux. De cette zone proviennent des vins blancs et rouges de type sec en majorité. Pour les vins doux, ils sont regroupés sous l’appellation de graves supérieurs. Cette appellation prend uniquement en compte les vins blancs et ils font partie des meilleurs de tout le vignoble bordelais. Il y a aussi deux autres appellations qui comportent aussi bien les vins blancs que les vins rouges. Il s’agit de Graves et de Pessac-Léognan. Ce dernier comprend d’ailleurs de grands crus de prestige.

  • Le Blayais et le Bourgeais

Ces deux régions ne sont séparées que de quelques kilomètres. Elles couvrent une vaste étendue de plaine aux sols diversifiés par endroit et homogènes d’un autre côté. On les appelle aussi la Haute-Gironde. Ces deux régions sont spécialistes des vins rouges de côtes, charpentés et corsés, mais aussi de vin blanc. Les deux types de vins possèdent deux appellations communes : Côtes-De-Bourg et Blaye-Côtes-De-Bordeaux. Il y a ensuite l’appellation Blaye dédiée aux vins rouges, puis l’appellation Côtes-De-Blaye dédiée aux vins blancs.

  • Le Libournais

Cette partie est située sur la rive droite de la Dordogne. C’est une région très homogène avec une prédominance des merlots. On rencontre dans cette région une plus grande production de vins rouges fins, fruités et ronds. On y retrouve 12 différentes appellations dont 11 sont exclusivement destinées aux vins rouges

Il s’agit de Fronsac, Canon-Fronsac, Pomerol, Lalande-de-Pomerol, Saint-Émilion, Puisseguin-Saint-Emilion, Lussac-Saint-Emilion, Montagne-Saint-Emilion, Saint-Émilion Grand Cru, Saint-Georges-Saint-Emilion et Castillon-Côtes-De-Bordeaux. Il y a enfin Francs-Côtes-De-Bordeaux destinée aussi aux vins blancs.

  • Le Médoc et le Haut-Médoc

Ces régions sont réputées être le berceau des vins rouges de garde avec une prédominance de cabernet-sauvignon. Encore appelés la presqu’île du vin, ils bénéficient de huit appellations exclusivement destinées aux vins rouges parmi lesquels vous pouvez retrouver des crus classés.

Vous avez donc Médoc, Haut-Médoc, Moulis-en-médoc, Margaux, Listrac-médoc, Saint-Estèphe, Saint-Julien et Pauillac. Les six dernières appellations sont qualifiées d’appellations communales et les deux premières sont sous-régionales.

  • Les vins blancs liquoreux

Une petite région entre Cadillac et Langon est le spécialiste dans l’élaboration des vins blancs liquoreux. Au niveau des deux rives de la Garonne, cette région bénéficie d’un climat particulier qui participe à la prolifération du champignon de la pourriture noble.

Appelée Botrytis cinerea, ce champignon se développe sur les baies, les assèche tout en concentrant à l’intérieur leur jus. Il s’ensuit alors la mise au point de vins qui ont un goût semblable à celui d’un rôti. Comme appellation pour ces vins, vous avez Sauternes, Cadillac, Barsac, Loupiac, Cérons et Sainte-Croix-du-Mont.

Les appellations communales

Elles sont concentrées en Médoc et font partie des plus prestigieuses appellations bordelaises. Ces appellations concernent essentiellement les vins produits entre Saint-Julien et Margaux dans des petites régions reculées appelées Moulis et Listrac. On y trouve de bons crus, mais pas très fins. Il y a aussi Pauillac avec des vins puissants et austères, sans oublier Saint-Estèphe qui offre des vins plutôt charpentés. Pour finir, il y a Saint-Julien et Margaux qui sont respectivement attribués à des vins harmonieux et à des vins très fins.

L’appellation « Côtes de Bordeaux »

En réalité, cette appellation prend en compte cinq autres appellations localisées sur les coteaux tout le long de la Gironde et de la Dordogne. On y retrouve dans la catégorie des vins rouges gourmands les appellations comme Castillon Côtes de Bordeaux, Blaye Côte de Bordeaux et Côtes de Bourg. Il y a ensuite Francs Côtes de Bordeaux et Sainte-Foy Bordeaux qui sont en plein essor.

Les classements des vins de Bordeaux

Étant donné la grande diversité des vins de Bordeaux, de nombreuses institutions ont optées pour l’établissement d’un classement de ces vins. Ces classements s’effectuent suivant plusieurs critères et peuvent subir des modifications à la suite de remarques observées.

Le classement de 1855

Ce classement a eu lieu au cours de l’exposition universelle de Paris en 1855. Il a mis en exergue les crus du Médoc d’un côté et les crus du Sauternais d’un autre côté. Le classement a été effectué à l’époque en fonction du cours moyen de chaque vin. C’est un classement qui a été longtemps controversé, mais les résultats sont indéniables. Ainsi, parmi les premiers crus s’étaient retrouvés les châteaux Haut-Brion, Latour et Mouton Rothschild.

En deuxième place, il y a les Châteaux Brane-Cantenac, Ducru-Beaucaillou et Rauzan-Ségla. À la troisième place se retrouvent les châteaux Calon-Ségur et Giscour. Pour la quatrième place, il y a le Château La Tour Carnet. Il faut dire que le Médoc a raflé assez de place dans ce classement suivi par les Sauternais et les Graves.

Le classement de Saint-Émilion

Il s’agit d’un classement qui est mis à jour toutes les décennies. La dernière révision date de septembre 2012. Ici, on retrouve les premiers grands crus classés et les grands crus classés.

Dans la première catégorie, vous avez entre autres les châteaux Angélus, Ausone et Cheval Blanc qui ont d’ailleurs été classés au rang A. Dans la deuxième catégorie vous avez les châteaux Berliquet, l’Arrosée, Chauvin et bien d’autres.

Le classement des Graves

Ce classement a eu en 1953 et prenait en compte tous les types de vin dans toutes les communes. Les 16 crus de ce classement appartiennent tous à l’appellation Pessac-Léognan. Parmi ces crus, il y a 6 crus communs aux vins rouges et blancs, 3 crus dédiés aux blancs et les 7 restants sont raflés par des crus dédiés aux rouges. À titre d’exemple, il y a le château Bouscaut, Couhins et aussi Pape-Clément.

Les Crus Bourgeois du Médoc

Ce classement s’effectue chaque année et concerne uniquement les vins rouges issus du Médoc. Ils sont répertoriés en fonction de leur valeur ainsi que de leur qualité. Provenant du Médoc, ils font donc partie des huit appellations sous-régionales et communales. Près de 300 propriétés font partie chaque année de ce classement, ce qui fait à peu près 40 % de la production totale du Médoc. La plupart de ces propriétés sont de type familial.

Les Crus Artisans

Ici aussi, il s’agit des vins du Médoc, mais plus seulement les vins rouges. Le principe concerne toujours la qualité et la valeur du vin, mais sur des propriétés plus réduites. En effet, ces dernières appartiennent généralement à des artisans comme un maréchal-ferrant ou un tonnelier. Le dernier classement a eu lieu en 2017 et bénéficie d’une révision tous les cinq ans. Environ 40 propriétés ont été retenues lors de ce classement.