Vins d’Alsace : Tout ce qu’il faut savoir

Région viticole française, le vignoble d’Alsace s’étend en une étroite bande sur pratiquement toute la longueur de la région Alsace.

Il s’étire donc entre le massif des Vosges et la plaine du Rhin. La région est connue pour ses puissants vins, en termes d’arômes, de sucre et d’alcool.

Elle a également une histoire qui a su rendre uniques ses méthodes de production de vin.

Découvrez dans cet article, l’histoire de la région d’Alsace ainsi que celle de ses vins.

L’histoire du vignoble d’Alsace

Il est difficile de déterminer avec précision les débuts du vignoble d’Alsace : certains historiens estiment qu’il date de la période romaine et d’autres le limitent au haut Moyen Âge. Au départ, la région, faisant partie de la province de Germanie supérieure, a abrité, à un moment donné, le stationnement d’importantes forces militaires. Ceci a nécessité que l’on importe du vin en provenance d’Hispanie puis de Narbonnaise, ce qui entraina la naissance de la viticulture. Celle-ci est notamment née dans la vallée de la Moselle, une province de Belgique. Sa production était exportée dans la capitale de la province de Germanie inférieure ainsi qu’en Bretagne.

Au cours de la période médiévale, la production vinicole alsacienne a connu un certain essor, sous l’influence des ordres monastiques. On note qu’une source littéraire a mentionné la viticulture au début du IXe siècle, en prouvant, en passant, qu’il y avait une production vinicole dans plus de 160 lieux. Ensuite, au Moyen Âge, les vins d’Alsace ou vins d’Aussey avaient acquis une certaine réputation et on les exportait vers les pays nordiques.

Pendant la période moderne, au XVIe siècle, la zone alsacienne de production de vins s’est étendue sur une surface deux fois plus grande que sa surface actuelle. C’était une période florissante au cours de laquelle il eut la première tentative d’établissement d’une AOC. Malheureusement, la guerre de Trente Ans vint mettre fin à cette période, en faisant détruire presque tous les vignobles. En 1828, après la guerre, la viticulture put se reconstruire et sa superficie plantée fut estimée à 30 000 hectares.

Pendant la période contemporaine, après la défaite française lors de la guerre de 1870-1871, l’Alsace due faire partie de l’Empire allemand avec la Moselle. Ceci dura de 1871 à 1918 et pendant cette période, la région était la plus grande viticole allemande. Malheureusement, on produisait plus de volumes de vin que de vins de qualité et la superficie du vignoble était descendue à 9 500 hectares. On note que 7 500 hectares de cette superficie font partie de l’actuelle appellation alsace.

Ensuite, en novembre 1918, l’Alsace étant occupée par l’armée française, fut cédée à la France, à travers le traité de Versailles le 28 juin 1919. La situation de la région évolua par l’ordonnance du 2 novembre 1945 qui définit une appellation d’origine ‘’vins d’Alsace’’ ou ‘’alsace’’. Cette dernièrement deviendra une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) par un décret du 3 octobre 1962, après négociation avec le comité interprofessionnel du vin d’Alsace.

Aussi, le décret du 30 juin 1971 fit naître les AOC de vins de cépage et celui du 20 novembre 1975 fit apparaître les appellations alsace grand cru. Un autre décret, celui du 24 août 1976, fait apparaître les appellations crémant d’Alsace. À compter de cette période, tout est mis en œuvre pour que la production vinicole alsacienne offre des vins de meilleure qualité. Finalement, un dernier décret de 2011 a prévu 11 dénominations géographiques au sein de l’appellation alsace contre 51 dénominations géographiques pour l’appellation alsace grand cru.

Il faut dire que l’Allemagne a beaucoup influencé le vignoble d’Alsace, le rendant très différent des vignobles dans les autres régions françaises. Aussi, encore aujourd’hui, les cépages et les méthodes de production qu’il utilise, le rendent remarquable. Par ailleurs, la superficie du vignoble d’Alsace était estimée à 15 527 hectares en 2013, après des décennies de croissance. En 2000, le recensement agricole avait estimé la surface plantée à 15 197 hectares, avec 8 793 hectares de vignes dans le Haut-Rhin.

Dans le Bas-Rhin, par contre, il y a 6 404 hectares de vignes, y compris les vignes à raisin de table dont la quantité est très faible en Alsace. Aussi, cette estimation ne prend pas en compte les pépinières et les vignes-mères de porte-greffes. Plus tard, en 2012, on a estimé la surface plantée à 15 500 hectares, à raison de 8 900 dans le Haut-Rhin et de 6 600 dans le Bas-Rhin. En 2013, cette superficie est à 15 527 hectares.

 

Aujourd’hui, la région d’Alsace produit essentiellement des vins blancs (sous les appellations alsace et alsace grand cru), des mousseux (sous l’appellation crémant d’Alsace), des rosés et des rouges (sous l’appellation alsace). Toutefois, elle produit aussi une eau-de-vie appelée le marc d’Alsace.

De plus, en 2009, sa production était estimée à 1 166 903 hectolitres. On a estimé que le rendement moyen du vignoble par hectare, va de 55 hectolitres environ (pour l’alsace grand cru) à 80 hectolitres environ (pour crémant d’Alsace).

Les appellations de la région alsacienne

Les appellations principales de la région d’Alsace sont : 

alsace, alsace grand cru et crémant d’Alsace. Les types d’appellations qu’on distingue sont l’appellation d’origine contrôlée (AOC) et celle d’origine protégée (AOP). En 2010, on avait compté 4 424 domaines viticoles d’exploitation dans la région où règnent principalement 7 cépages :

  • riesling, pour obtenir du vin blanc sec, de caractère, aux arômes d’agrumes avec parfois des notes minérales ou florales ;

 

  • pinot blanc, pour un vin équilibré, souvent fruité, légèrement acide avec des arômes de violette ou d’iris ;

 

  • muscat d’Alsace qui offre du vin sec, poivré, allié à de puissants arômes de raisins frais et de fruits ;

 

  • gewürztraminer, pour produire un vin corsé, charpenté, aux arômes de miel ou de fruits exotiques ;

 

  • pinot gris, pour avoir un vin corsé, rond, équilibré, à acidité modérée et alliant des arômes de sous-bois et de fruits jaunes ;

 

  • pinot noir qui permet d’obtenir du vin rosé léger, souple, acidulé et aux parfums de fruits rouges ainsi que du vin rouge aux arômes de cerise ou de fumé ;

 

  • sylvaner, pour produire un vin léger, frais, discret et fruité.

L’appellation alsace couvrait en 2009, 11 703 hectares soit 75,2 % du vignoble, sur lesquels ont été produits 868 334 hectolitres de vins. Cette production correspondait à 74,4 % de la production de l’ensemble du vignoble. Aussi, l’appellation mentionne souvent le nom du cépage ou celui d’edelzwicker comme  »dénomination de cépage », selon l’INAO. Son étiquette peut aussi mentionner un lieu-dit. Notez que l’edelzwicker ou coupage noble est un assemblage de cépages réalisé selon l’inspiration du viticulteur. Il est souvent à base de sylvaner.

L’appellation alsace grand cru, elle, couvrait 850 hectares soit 5,4 % de la surface du vignoble, en 2009. Sur ces hectares, 48 294 hectolitres de vins ont été produits, ce qui correspond à 4,1 % de la production de l’ensemble du vignoble. En outre, cette AOC a été créée en 1975 ; mais les 25 premiers crus n’ont été définis qu’en 1983. Ensuite, en 1992, 25 autres crus furent définis et un dernier lot fut fixé en 2007. On compte au total 51 lieux dits délimités qui peuvent bénéficier chacun d’une appellation grand cru. En 2011, les dénominations sont devenues des appellations.

À la base, seuls les cépages riesling, gewurztraminer, pinot gris et muscats étaient autorisés dans les AOC alsace grand cru. Cependant, depuis le décret du 21 mars 2005, le cépage sylvaner est autorisé d’utilisation dans le grand cru Zotzenberg. Aussi, le pinot blanc et le pinot noir ainsi que le chasselas sont autorisés dans les vins d’assemblage du grand cru Altenberg de Bergheim. Un autre décret, celui du 12 janvier 2007, concerne les vins d’assemblage du grand cru Kaefferkopf.

L’appellation crémant d’Alsace, datant de 1976, couvrait en 2009, 3 017 hectares soit 19,4 % du vignoble d’Alsace. Sur cette surface, 250 275 hectolitres de vins ont été produits soit 21,5 % de la production de l’ensemble du vignoble. En outre, cette AOC regroupe des vins effervescents à base de pinot blanc, de pinot noir, de pinot gris, de riesling ou de chardonnay. Ces vins, souvent blancs et parfois rosés, sont élaborés sur une méthode traditionnelle comme dans la province Champagne.

Par ailleurs, depuis 1984, les vins d’AOC alsace et alsace grand cru peuvent être déclarés et présentés avec l’une des mentions suivantes : vendanges tardives, sélection de grains nobles. L’essentiel est qu’ils correspondent à un certain nombre de conditions strictes. Parmi ces conditions, il y a les vendanges manuelles, les teneurs en sucre minimales et le fait que les vins soient issus uniquement des cépages gewurztraminer, pinot gris, riesling et muscat.

Notez que la dénomination ‘’vendanges tardives’’ implique que la vendange s’est faite au moment de la maturation optimale du raisin. Cela n’implique pas nécessairement que ce soit plus tard que la récolte normale puisque certaines baies peuvent se montrer atteintes de la pourriture noble ou botrytis. Cette dénomination s’applique aux principaux cépages formant des vins demi-secs : gewurztraminer, pinot gris, riesling ou muscat.

Par contre, la dénomination ‘’sélection de grains nobles’’ s’applique aux vins qui sont obtenus à partir de raisins atteint de pourriture noble. Ces raisins sont produits les années chaudes et ils donnent des vins doux et capiteux qui peuvent vieillir longtemps.

La situation géographique des vignes en Alsace.

Le vignoble d’Alsace, avec une largeur se situant entre 4 et 20 km, s’étend sur toute la longueur de l’Alsace, avec des extrémités au nord à Wissembourg et au sud à Leimbach près de Thann. Les extrémités au nord se situent dans le département du Bas-Rhin, sur la frontière franco-allemande. Celles du sud sont dans le département du Haut-Rhin. Aussi, l’ensemble de la zone de production est arpentée par la route des vins d’Alsace, sur une longueur de 170 kilomètres.

Cette route est l’une des plus anciennes routes de vins en France et elle a été inaugurée en mai 1953. Elle constitue un lieu de rassemblement qui abrite des fêtes du vin et des vendanges organisées par les villages. C’est aussi un itinéraire touristique qui passe près de plus de 300 domaines viticoles et 48 grands crus. Il faut noter que sur les 119 communes alsaciennes productrices, il n’y a que 67 qui se trouvent sur le trajet de la route des vins d’Alsace.

La route des vins d’Alsace est un vignoble de piedmont où se développent les vignes entre environ 170 mètres d’altitude et 478 mètres. Ainsi, ces dernières se développent entre le point le plus bas autour de Dambach-la-Ville, en plaine d’Alsace et la limite supérieure de la culture viticole en Alsace à Osenbach.

Par ailleurs, dans le Haut-Rhin se trouve la commune Colmar qui abrite une école viticole et l’institut viticole Oberlin. On y trouve aussi Rouffach, un lycée viticole. Toutes ces trois structures œuvrent à l’amélioration des pratiques viticoles en Alsace.

Le climat et la géologie de la région

Reconnue depuis 1945, la région d’Alsace est localisée dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Elle bénéficie d’un climat tempéré continental, ce qui lui permet d’être ensoleillé, en moyenne 1 724 heures par an. En fait, elle a à l’ouest des Vosges dont le massif montagneux la protège du vent et de la pluie, donc de l’influence océanique. En effet, lorsque les vents d’ouest arrivent sur le versant occidental des Vosges, ils perdent leur humidité. Ils deviennent alors secs et chauds, une fois dans la plaine d’Alsace. C’est ce qui fait que la quantité moyenne de précipitations est la plus faible de tous les vignobles français et que la région bénéficie d’un bon ensoleillement.

Ainsi, le climat est plus tempéré que cela ne devrait l’être à cette latitude. Par ailleurs, la région bénéficie d’un climat continental et sec avec des printemps chauds. Il y a aussi des étés secs et ensoleillés ainsi que de longs automnes et des hivers froids. Par ailleurs, l’Alsace bénéficie d’une complexité géologique qui lui permet d’avoir des sols multiples et des terroirs viticoles diversifiés.

On y remarque donc plusieurs types de sols : calcaires, argilo-calcaires, marneux, argilo-marneux, marno-calcaires, granitiques, schisteux, gréseux, sols de loess et de lehms, sols alluviaux. Évidemment, ces sols possèdent des caractéristiques minérales qui influencent les cépages. Ainsi, si un même cépage est planté sur un sol calcaire et sur un sol gréseux, on obtient de chaque côté des vins d’expressions différentes. Il faut noter que les meilleurs crus sont issus des coteaux calcaires ainsi que des roches mères granitiques, gneiss et grés désagrégés.

Les caractéristiques des vins alsaciens

Déjà, les étiquettes des vins d’Alsace sont très simples, contrairement à celles des autres vignobles français. En effet, elles font apparaître le cépage et le nom du propriétaire. De plus, la plupart du temps, on y voit le nom de la vigne et du village, surtout dans le cas d’un grand cru. Il est interdit de vendre les vins alsaciens en fûts ou autres caisses-outres. Ainsi, les vins de la région d’Alsace sont toujours présentés dans une bouteille typique, de forme élancée et appelée la flûte d’Alsace. Aussi, ils sont nécessairement embouteillés dans leur région de production.

Ensuite, d’après le CIVA ou Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace, en 2010, la production annuelle était de 1,15 million d’hectolitres avec 150 millions de bouteilles dont 90 % de blancs. Cette production a été réalisée par 4 700 producteurs de raisins. La commercialisation s’est opérée à 38 %, par 16 caves coopératives, à 42 % par 50 négoces et à 20 % par 900 vignerons indépendants.

Pour ce qui est de la distribution, elle s’est faite à 80 % par les circuits alimentaires : grandes et moyennes surfaces, commerces traditionnels, magasins spécialisés et ventes directes. Aussi, 20 % de la production ont été distribuées en restauration. Par ailleurs, les vins blancs d’AOC hors effervescents constituent 18 % de la production française et font 31 % de vins blancs consommés à domicile.

Les crémants d’Alsace, eux, représentent 30 % du marché des mousseux d’AOC hors champagne consommés à domicile. Aussi, 75 % des ventes réalisées par le vignoble d’Alsace se font France. En ce qui concerne la quantité exportée, on estime qu’à 77 %, elle est envoyée en Europe, à 6 % aux États-Unis, tout comme au Canada et à 4 % en Asie.

L’encépagement des vins alsaciens

Les principaux cépages de la région d’Alsace sont aussi cultivés en Allemagne. Il s’agit du riesling, du gewurztraminer et du sylvaner. Le muscat utilisé dans la région se subdivise en : muscat blanc à petits grains, muscat rose à petits grains et muscat ottonel. Alors, les muscats occupaient 358 hectares en 2009 et ils sont à la base de la production de vin au fruité très caractéristique mais sec.

Le pinot noir est à la base des dénominations comme rouge d’Ottrott ou rouge du Stephansberg. Le pinot blanc et le pinot gris permettent d’obtenir le crémant d’Alsace qui est un vin blanc effervescent vinifié depuis le XIXe siècle. La méthode champenoise est celle qui sert à cette vinification. Notez qu’il existe l’edelzwicker et le gentil qui sont des assemblages de plusieurs cépages. La région utilise aussi l’auxerrois et le chardonnay qui est produit uniquement pour la fabrication du crémant. Elle fait également une petite production de vin de paille et de vin de glace.

Le riesling, cépage le plus caractéristique d’Alsace, était adopté sur 3 382 hectares, en 2009 et sur 3 501 ha en 2012. Il peut produire des vins très secs qui vieillissent bien comme les demi-secs moelleux obtenus par des vendanges tardives. Le pinot blanc et l’auxerrois étaient utilisés sur 3 331 hectares en 2009. Néanmoins, en 2012, le pinot blanc était présent sur 2 359 ha tandis que l’auxerrois l’était sur 1 053 ha. Ces cépages donnent des vins blancs secs et frais et, en grande partie, du vin mousseux commercialisé sous le nom de crémant d’Alsace.

Quant au gewurztraminer, il a occupé 2 928 hectares en 2009, contre 3 209 en 2012, donc sa surface est croissante. Avec son caractère très marqué, il produit des vins amples et généreux au cours des bonnes années. De plus, il n’est autorisé en France que dans trois départements : Haut-Rhin, Bas-Rhin et Moselle. Le pinot gris, lui, couvrait 2 356 hectares en 2009, contre 2 463 en 2012. Autrefois nommé ‘’tokay d’Alsace’’, ses surfaces plantées sont en augmentation, même s’il est moins abondant.

Pour ce qui est du pinot noir, il occupait 1 521 hectares en 2009 et est passé à 1 653 hectares en 2012. Il est l’unique raisin rouge d’Alsace ; on l’utilise pour fabriquer des vins rosés ainsi que des vins rouges plus ou moins colorés. De même, le cépage sylvaner occupait 1 335 hectares en 2009 et en 2012, 1 194 hectares. Très présent dans les zones les moins prestigieuses de la région, il donne des vins frais et simples. Aussi, les surfaces plantées en ce cépage, sont en réduction constante depuis de nombreuses années.

Il y a également le cépage chardonnay qui occupe approximativement 141 hectares, le chasselas avec 97 hectares en 2009 et le savagnin occupant 43 hectares en 2009. Le chasselas est surtout dégusté en guise de raisin de table, donc on le vinifie rarement. Quant au savagnin, c’est un cousin du gewurztraminer. Enfin, il y a la roussanne qui est un cépage récent dans le vignoble d’Alsace. Les vins que ce cépage produit ne ressemblent guère aux autres vins d’Alsace. Ils sont plutôt comparables à ceux de la vallée du Rhône.

En grande majorité, les vins alsaciens sont mono-cépages et les volumes de vins d’assemblage se limitent à l’edelzwicker. Aussi, suivant les différentes appellations, les dénominations de cépage et celles géographiques, les couleurs et mentions, on estime que le vignoble d’Alsace peut produire 637 vins différents. Toutefois, il est à noter que la production viticole totale varie chaque année, en fonction des conditions climatiques.

Pour preuve, les trois plus mauvaises récoltes de la région. En effet, en 2003, la région eut une très mauvaise récolte à cause de la canicule qui a provoqué la sécheresse et grillé les raisins. Ensuite, un dur hiver 2009-2010 avec un manque d’ensoleillement de l’été 2010, a retardé la maturité des raisons et provoqué une nouvelle mauvaise récolte. Enfin, au printemps 2013, le temps trop frais a retardé la floraison, entrainant un volume de récolte trop faible.

Le procédé de vinification dans la région d’Alsace

La vinification du vin d’Alsace, se fait habituellement en blanc, par utilisation des méthodes traditionnelles. On fait vieillir les vins entre six et douze mois dans de grands fûts que sont les foudres de chêne ou dans des cuves en inox. Pour la vinification en rosé ou en rouge, le raisin n’est pas pressé immédiatement à son arrivée en cave.

La vinification en blanc

Le raisin arrive au chai où il sera foulé et pressé afin de séparer le moût du marc de raisin. On utilise d’abord les pressoirs pneumatiques, puis progressivement, les pressoirs horizontaux à plateau. Ensuite, le moût est mis en cuve en stabulation pour que les bourbes se déposent. Après quoi, le soutirage du jus clair qui est le débourbage, s’opère. On peut aussi filtrer les bourbes pour obtenir un bon vin.

On utilise des levures indigènes ou des levures sélectionnées introduites lors du levurage, pour débuter la fermentation alcoolique. Cette opération transformera le sucre du raisin en éthanol et en maîtrisant la température de fermentation par un système de réfrigération, on peut exprimer le potentiel aromatique du produit. Une fois que la fermentation est achevée, le vin est soutiré afin d’en éliminer ce qu’on appelle les lies.

Aussi, la fermentation malolactique n’est généralement pas réalisée, car elle est bloquée par un sulfitage du vin. Puis, on peut stocker le vin en cuve pour le préparer à l’embouteillage ou l’élever en barrique ou foudres de bois de chêne. Notez que le vin est soutiré, filtré et stabilisé avant le conditionnement qui se fait exclusivement en bouteilles.

La vinification en rosé et en rouge

Pour que le moût se colore, il faut une macération du grain de raisin dans le jus. Dans le cas du vin rosé, la macération ne dure que quelques heures et elle doit être interrompue dès que la couleur désirée est atteinte. Ensuite, le processus de vinification est la même que dans le cas du vin blanc.

Dans le cas du vin rouge, la macération dure le temps que la fermentation alcoolique ne se produise. Cela permet non seulement d’obtenir la couleur souhaitée, mais aussi de solubiliser les tanins. Il s’opère ensuite le pressurage, dans le but de séparer le vin du marc de raisin.

Le vin subit alors la fermentation malolactique qui transforme l’acide malique. Cette opération conduit à une désacidification naturelle du vin, ce qui l’arrondit, le rend plus souple et moins âpre.

L’accord des vins d’Alsace avec la gastronomie

Suivant leurs cépages, on distingue principalement 7 remarquables noms de vins d’Alsace. Il y a le Sylvaner d’Alsace qui accompagne parfaitement les poissons, les fruits de mer et la charcuterie. Ensuite, vous avez le Pinot Blanc d’Alsace dont la grande souplesse lui permet d’accompagner la plupart des plats. Le Muscat d’Alsace quant à lui est un vin consommé en apéritif et qui s’allie bien avec les asperges.

Le Riesling d’Alsace, lui, convient pour agrémenter la choucroute, les viandes blanches et les poissons. Le Pinot Gris d’Alsace est un autre vin dont l’accord parfait avec le foie gras, les volailles ou le gibier, est remarquable. Il y a aussi le Gewurztraminer d’Alsace, excellent apéritif qui s’accorde très bien avec les desserts, les fromages et la cuisine exotique. Il est très apprécié pour son bouquet riche. Enfin, il y a le Pinot Noir d’Alsace qui se déguste avec des viandes rouges, des fromages à croûte fleurie ou de la charcuterie.